

Oraison mystique
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Le Chant du Monde – Harmonia Mundi
Plusieurs grandes figures spirituelles de la tradition mystique de l’ouest de l'Iran, dont Shâh Khoshin, Bâbâ Faqi, Bâbâ Sarhang, et Bâbâ Nâ’us (Nâvus), qui ont vécu pour la plupart entre le IXe et le XIIe siècle, sont évoquées sur ce CD à travers une succession ininterrompue de pièces qui leur rendent hommage. L'auditeur est plongé dans l'intimité d'une oraison mystique d'une force et d'une authenticité remarquables, comme en témoigne le public qui finit par être submergé par l'émotion.
Bâbâ Faqi
Bâbâ Faqi fut l’un des compagnons de Shâh Khoshin. Cette pièce qui porte son nom est une supplique où la voix et l’instrument atteignent un degré de dépouillement extrême : peu de notes (la, si, do, ré, puis sib) avec le contre-chant sur la corde grave, un rythme lent, sans dynamique apparente. Le poème que chante Ostad évoque plusieurs mystiques qui ont laissé leur vie dans la voie de l’amour divin. Mansûr Hallâj (m. en 922), martyr célèbre en Orient, fut mis à mort pour avoir déclaré dans l’extase de l’union mystique: “Je suis le Vrai” (Vrai, haqq, étant l’un des noms de Dieu). Une autre figure citée dans le poème, Nasimi, fut écorché vif pour avoir voulu révéler aux profanes les mystères de la vie et de la mort. Un sort semblable fut réservé à Tork-e sar boriyâ, le “Turc à la tête tranchée”, et à Zacharie.
Dardam az dûst, darmânam az Dûst
Kofram az khod, imânam az Dûst
Gar tchon Nasimi bekanandam pûst,
dast bar nadâram ze dâman-e Dûst
Dardam az Haqq, darmânam az Haqq
Kofram az khod,imânam az Haqq
Gar tchon Zakariyyâ marâ konand shaq,
dast bar nadâram ze dâman-e Haqq
[Dardam az Yâr, darmânam az Yâr
Kofram az khod, imânam az Yâr]
[Gar tchon Mansûr vâr marâ keshand dâr,
dast barnadâram ze dâman-e Yâr]1
Dardam az Heydar, darmânam az Heydar
Kofram az khod, imânam az Heydar
Gar tchon Tork-e sar boriyâ beborânam sar,
dast barnadâram ze dâman-e Heydar
La source de mon mal, c’est l’Aimé
Et mon remède, c’est l’Aimé
La source de mon incroyance, c’est moi-même
Et la source de ma foi, c’est l’Aimé
Si comme Nasimi on m’écorche vif,
Je ne renoncerai pas à l’Aimé, non, je ne renoncerai pas.
La source de mon mal, c’est le Vrai
Et mon remède, c’est le Vrai
La source de mon incroyance, c’est moi-même
Et la source de ma foi, c’est le Vrai
Si comme Zacharie on me scie en deux
Je ne renoncerai pas au Vrai, non, je ne renoncerai pas.
La source de mon mal, c’est l’Ami
Et mon remède, c’est l’Ami
La source de mon incroyance, c’est moi-même
Et la source de ma foi, c’est l’Ami
[Si comme Mansûr, on me pend au gibet,
Je ne renoncerai pas à l’Ami, non, je ne renoncerai pas.]
La source de mon mal, c’est Heydar2
Et mon remède, c’est Heydar
La source de mon incroyance, c’est moi-même
Et la source de ma foi, c’est Heydar
Si comme Tork-e sar boriyâ on me tranche la tête,
Je ne renoncerai pas à Heydar, non, je ne renoncerai pas.
1 Les deux vers entre crochets ne sont pas chantés par Ostad Elahi dans cette version.2 Signifie “le lion”. C’est l’un des noms de Ali, considéré comme un saint de très haut rang dans la mystique musulmane. Dans ce contexte, Heydar évoque également le reflet de la divinité.
Liste des pistes
Bâbâ Faqi
Oraison mystique
Bâbâ Faqi
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