

Dialogue avec l’Aimé
4 Pistes1 h2 min1995, 1997, réédité en 2004
Le Chant du Monde – Harmonia Mundi
Le thème, cher aux poètes persans, du dialogue intime entre l’âme et son Créateur est présent dans chacune des pièces de ce CD. La musique et la poésie y convergent pour exprimer différents états spirituels. La suite Shâh Hoseyni, la longue supplique de Sheykh Amiri et les Hymnes et Danses mystiques traduisent chacun à leur manière les états émotionnels infiniment variés et nuancés qui accompagnent le dialogue avec le Bien-Aimé.
L'un des thèmes les plus chers aux poètes mystiques persans, le dialogue entre l'âme et son Bien-Aimé, est au cœur des pièces présentées ici. Dialoguer avec l'Aimé, c'est lui parler et lui ouvrir son cœur, en franchissant les étapes successives, une à une, jusqu'à atteindre le stade de l'amour suggéré par la suite Shâh Hoseyni et ses subtilités infiniment variées. De même, la longue supplication de la suite Sheykh Amiri témoigne de cette relation intime entre un être et son Créateur. Quant aux hymnes et danses mystiques, ils ne sont que l'illustration musicale des ineffables sentiments de joie et d'émerveillement que l'on éprouve dans un tel état d'amour.
Shâh Hoseyni (1ère partie)
a. Shâh Hoseyni (air de Shâh Hoseyn)
L’origine de cet air est inconnue. Les premières notes sont un appel avec un contre-chant dans les sons graves. Parfois l’interprète s’attarde sur une note ou deux, ou bien prolonge le même rythme, comme pour insister dans sa demande. Puis une harmonie très étrange apparaît : le lien s’est établi. Dès lors, on évolue dans des paysages sonores merveilleux dans un registre plus aigu. Après un retour au thème initial, un passage polyphonique se joue cette fois dans le registre grave mais sur un thème plus joyeux.
b. Bâlâ dastân (registre grave du manche)
Comme son nom l’indique, cet air traditionnel se déroule habituellement dans le registre grave mais Ostad Elahi le développe sur la totalité du tanbur.
c. Zir-e dastân (registre aigu du manche)
Cette pièce évoque un jeu de questions et réponses entre les registres aigu (zir) et grave (bâlâ) correspondant respectivement aux sept premières frettes du tanbur et aux sept suivantes. Le mode est gai et ressemble au mode majeur. Certains passages donnent l’impression que plusieurs tanburs jouent en même temps.
d. Do bâlâ
Bâlâ (haut) évoque une région de la gamme. Certains pensent que cet air peut également être celui d’une danse dans laquelle on étend les bras comme deux (do) ailes (bâl).
e. Karim Khâni (air de Karim Khân)
L’enthousiasme ne faiblit pas, puis un changement de rythme conduit à un apaisement progressif.
f. Chûpâni (air du berger)
L’ambiance est devenue plus sereine. La mélodie est déclamée sur l’instrument, il n’y a plus que quelques rappels de l’agitation passée, comme un frémissement intérieur.
g. Bâria Bâria (Cour royale)
Le titre de cette pièce évoque la cour du Seigneur, le seuil divin. Il s’agit à l’origine d’un chant qui fut ensuite transmis sans ses paroles par un musicien. Ce titre se rapporte également à un chapitre des textes sacrés kurdes (XVe siècle, tradition Ahl-e Haqq) dans lequel un des sept compagnons de Soltân Eshâq découvre son essence divine et se rappelle ses manifestations successives au cours de l’histoire sainte.
Le thème chromatique est à la fois étrange et fort. Les intervalles (formés avec la voix grave), ainsi que le rythme, lui confèrent une grande noblesse.
Liste des pistes
Shâh Hoseyni (1ère partie)
Dialogue avec l’Aimé
Shâh Hoseyni (1ère partie)
Dialogue avec l’Aimé