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Harmonies célestes

Suite d’hymnes

Ostad Elahi avait un petit luth persan setâr qu’il avait appelé bolbol (rossignol) et qu’il avait adapté de sorte à en faire une réplique plus petite de son tanbur à cinq cordes. C’était un instrument de voyage, à caisse plate, qu’il emportait presque toujours avec lui dans ses déplacements. Sa façon d’en jouer bouscule toutes les habitudes, car il combine à son gré les techniques du tanbur (roulements, toutes les cordes ensemble) et celles propres au setâr (avec un seul doigt). On notera que quelques années après la disparition d’Ostad Elahi, ce style s’est répandu parmi les joueurs de setâr persan. C’est de cet instrument qu’il joue ici, dans le cercle intime de sa famille vers la fin de sa vie (années 1970). L’assemblée est soudée par un sentiment de ferveur spirituelle qui transparaît dans l’enregistrement et parvient à en faire oublier la faible qualité technique.

Amân sad amân

Ce chant fut composé par Hâdj Nemat, le père d’Ostad Elahi, au début de son illumination (en 1901). Les paroles constituent une sorte de supplique adressée au Roi spirituel, faisant appel à l’attribut de la miséricorde.

 Âmân sad âmân shây karamdârân / karam kheyre kar wa hâl-e yârân
“De grâce, envoie-nous Ta grâce, ô Seigneur miséricordieux, comble de grâce ceux qui T’aiment.”


Ey Darvish Darvish

Composé par Hâdj Nemat à la même époque, ce chant est adressé au Roi spirituel, appelé ici Darvish, car il semblerait qu’Hâdj Nemat ait vu le Bien-aimé divin sous la forme d’un derviche et qu’il ait composé ce chant pour le célébrer.

Ey Darvish Darvish imânem Darvish
Ez va fedât bâm, pâ benyar wa pish

“Ô Derviche, Ô Derviche, ma foi est en toi
Je te donne ma vie, fais
un pas vers moi, viens !”


Soltân Sahâki

La musique et les paroles de ce chant sont d’Ostad Elahi.

Soltân Sahâki Ali giân
Shây taniyâ tâki Ali giân

“Tu es Soltân Sahâk, Ali mon âme
Tu es le Roi seul et unique, Ali mon âme.”

Seule la mélodie est jouée ici. 


Shirina Leylâ

Initialement, cette mélodie très douce accompagnait cet hymne de Hâdj Nemat :

“Le monde est précaire, ô Dâvud, ma vie / Seul subsistera le Vrai, ô Dâvud”, renvoyant aux versets coraniques LV, 26-27 (“Tout ce qui est sur terre est voué au néant. Seul subsistera le visage de ton Seigneur, plein de majesté et de noblesse”). Or ce chant, bien qu’invoquant Dâvud, l’archange de la miséricorde, évoquait la divinité dans Ses attributs de majesté et de “rigueur”, si bien que lorsqu’il était entonné en groupe, il augurait souvent un événement funeste. Lors d’un voyage qu’il fit dans l’ouest de l’Iran, Ostad Elahi en modifia les paroles et d’un chant de deuil, fit un chant de joie :

Shirina leylâna leylâna / Shirini khoriâ vey mikâna
“En ce lieu on a goûté des douceurs…”

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